Stochocratie Éclairée

Les critiques formulées à l’encontre de la démocratie élective sont nombreuses. Si nombreuses que cela semble être rentré dans la norme : nous savons que notre système est mauvais. Mais trop peu d’alternatives sont pensées et imaginées comme nouveau but à atteindre.

Dans cette optique, la Stochocratie éclairée est une humble proposition, celle d’une autre voie. Une vision fraîche qui fait table rase des institutions existantes, et qui ne se pose pas la question de la transition, ni du « comment ? ». Il s’agit d’un idéal, un cadre au sein duquel les concepts s’empilent et se chevauchent dans une autre dynamique.

Un idéal, mais pas une utopie. Aucun système n’est parfait, et la stochocratie éclairée n’est pas exempte de défauts. Il s’agit d’un projet théorique qui doit permettre de susciter la réflexion, d’observer les choses sous un autre angle, de croiser les idées, dans le but de faire avancer la réflexion globale sur l’usage du tirage au sort en politique.

La stochocratie éclairée est introduite dans cet article. On peut agréger le concept en plusieurs idées, qui seront développées dans la série d’articles consacrés à la stochocratie :

L’Assemblée nationale, l’organe disposant du pouvoir législatif, est constituée de députés tirés au sort parmi les citoyens.
L’Assemblée Nationale étudie des projets lisibles et compréhensibles. Les projets acceptés sont ensuite traduits en loi par la Chambre Législative, puis les projets de loi qui en découlent sont à nouveau mis au vote de l’Assemblée Nationale pour leur promulgation.
Le Forum Citoyen est un lieu dématérialisé sur lequel les citoyens peuvent déposer des propositions. Les plus populaires jouissent d’une force supplémentaire.
Les membres de l’exécutif ne sont pas élus, mais nommés par voie d’examen national, qui est conçu et encadré par une institution autonome : l’Académie Nationale.
L’exécutif gère les ministères et est le concepteur et initiateur des projets à soumettre au législatif. Il y a donc une organisation hiérarchique permanente (les ministères), et des groupe de projet temporaires.
Le pouvoir législatif ne peut pas amender les projets qu’on lui soumet, soit il l’accepte en bloc, soit il le refuse en bloc.
Le Sénat, composé d’anciens tirés au sort uniquement, instruit les projets avant de les présenter à l’Assemblée Nationale. Il dispose d’outils forts (la DGSN) pour faire respecter les principes républicains à l’ensemble des institutions.
Les budgets et les marges d’autonomie sont votées par le législatif, tiré au sort donc indépendant de l’exécutif et du judiciaire.
Les citoyens peuvent initier une procédure de dissolution conjointe de l’Assemblée nationale et de la Commission de coordination (organe de l’exécutif).
Les Juges Caméraux contrôlent le respect des règles propres à chaque assemblée, l’Académie nationale suit les membres de l’exécutif nommés par voie d’examen, et la DGSN surveille l’ensemble des institutions et en rend compte au législatif qui peut initier des enquêtes judiciaires.